Publié le 16 fév 25
Le projet Felon-Lange arrive dans sa dernière phase. L'enquête publique est ouverte jusqu'au 4 mars et c'est le moment ou jamais pour faire entendre votre voix comme riverain. Huy en Commun a analysé le dossier en profondeur et vous propose une série d'arguments que vous pouvez relayer dans vos courriers à adresser au Service Urbanisme (urbanisme@huy.be). Nous vous proposons également un courrier type, à adapter en fonction de votre réalité. N'hésitez pas à vous en saisir !
Huy en Commun est plus que jamais là pour vous aider !
Le courrier type : https://docs.google.com/document/d/1nA9b5KyfxqH1yeRAIhx2jd0Ysxdhpl7xfrgpccWmD8o/edit?usp=sharing
Voici les principaux arguments :
1. La densité du projet et ses impacts multiples (notamment en mobilité)
Quand on prend en compte le permis déjà octroyé pour la première partie du projet, c'est plus d'une centaine de nouveaux logements qui vont être construits dans un quartier qui n'est pas du tout adapté pour cela. La densité de logements envisagée s’élève ainsi à un peu plus de 59 logements à l’hectare (densité nette), ce qui semble injustifiable par rapport au quartier. Ce projet doit être réduit pour s'intégrer davantage dans ce quartier résidentiel en respectant la densité d'occupation du sol déjà existante.
Cette densité excessive pose toute une série de difficultés, urbanistiques bien sûr, mais aussi en termes de mobilité, dans un quartier déjà complètement saturé et alors qu'aucune solution n'est apportée à ce sujet. L'étude d'incidences conditionnait pourtant la faisabilité du projet à la réalisation d'une nouvelle voirie par la Ville le long de la Meuse, ce qui n'est pas du tout à l'ordre du jour.
C'est d'autant plus vrai que de nombreux autres projets sont prévus dans le quartier dans les prochaines années (cité administrative, halle, etc.).
2. Absence d'intégration dans le bâti
Le projet ne s'intègre absolument pas dans le quartier. Aucune autre bâtisse dans les rues avoisinantes n'est un immeuble à appartements. Il s'agit en effet d'un quartier résidentiel avec des maisons mitoyennes formant un bâti continu. Si un projet doit être envisagé, ce sont donc des maisons unifamiliales uniquement.
En outre, les vues 3D présentées dans le dossier sont clairement insuffisantes pour visualiser l'intégration du projet dans le quartier. Aucune vue 3D n'est présentée depuis chacune des rues alentours, pour pouvoir estimer l’impact réel du projet sur les rues avoisinantes.
C'est en particulier problématique au niveau de la rue Renier de Huy où les maisons se retrouvent dans l'ombre tout l'hiver et une bonne partie du printemps, comme le montre l’étude d’ensoleillement. Ce n'est évidemment pas acceptable. Sans parler des vues désormais complètement bouchées depuis toutes les maisons de la rue Renier.
3. Pollution des terres, gestion des inondations et égouttage
Le site en question est un ancien site industirel extrêmement pollué. Il a été dépollué sur 1 mètre de profondeur. Il est donc interdit de creuser ou de retourner de la terre plus profondément.
Or, cette interdiction n'est pas respectée par le projet dans le cadre de la gestion de l’eau de pluie. En effet, des bassins tampon d'une profondeur de 120 cm sont évoqués dans l’étude de sol, ce qui remet donc en cause cette prescription du PRU.
Les vitesses d’infiltration dans le sol sont insuffisantes d’après les tests réalisés dans l’étude du sol. Il y a des risques d’instabilité de surface liés à l’infiltration d’eau au sein des minières de fer en sous-sol. L'eau ne peut donc s'écouler naturellement et, pour éviter d'inonder le site, des noues d'infiltration sont prévues au niveau du parc public et tout le long du talus du chemin de fer, entre les murs de soutènement de ce dernier. Cependant, aucune information n'est fournie quant à ces noues, leur profondeur, la fragilisation potentielle du talus du chemin de fer, etc. Les recommandations de l'étude d'incidences prévoient pourtant des noues d'au moins 1,2 m... Comment dès lors rendre cela compatible avec la protection des terres polluées ? En tout état
Par ailleurs, comment l'égouttage de la nouvelle voirie traversante sera-t-il dimensionné ? Est-il suffisant alors que cette future voirie sera rétrocédée à la Ville et qu'elle devra donc en assurer la gestion ? Est-ce que les bassins de temporisation et d’infiltration prévus dans le projet pour les eaux de toiture prennent en compte aussi les eaux des voiries projetées qui seront du domaine public ?
4. Manque de verdurisation
Le projet manque clairement de garanties en termes de verdurisation.
D'une part, aucune information n'est donnée concernant l'aménagement du futur espace vert envisagé sur le site. Pire : il est complètement remplacé par une noue d'infiltration, le transformant de facto en marre quasi permanente.
D'autre part, rien n'est prévu pour verduriser les trottoirs de la rue Saint-Hilaire est manquante.
5. Largeur inadaptée du cheminement cyclo-piéton
Concernant le cheminement cyclo-piéton proposé dans le projet, nous nous interrogeons sur le fait que ce cheminement soit une piste cyclo-piétonne unidirectionnelle ou bidirectionnelle. D’après les informations sur le site du SPW de la Wallonie, pour le dimensionnement des aménagements cyclables :
- Si c’est une piste unidirectionnelle, la largeur standard est de 3,50 m soit 2 m pour les cyclistes et 1,50 m pour les piétons.
- Si c’est une piste bidirectionnelle, la largeur standard est de 4,00 m, soit 2,50 m pour les cyclistes et 1,50 m pour les piétons.
Or, la largeur proposée actuellement dans le projet est celle d’un cheminement cyclo-piéton unidirectionnel avec une largeur standard de 2,50 m. Ce type d’aménagement peut être envisagé sur un itinéraire avec peu de cyclistes et peu de piétons, mais ce n’est pas le cas de ce cheminement car le site prévoit des centaines de logements en plus de la présence de l’école de l’AGRI à proximité.
6. Non-respect de l’affectation du site et de la mixité de fonctions pourtant imposée
Alors que les autorisations de la Région wallonne imposait une mixité de fonction au futur projet, il ne prévoit désormais majoritairement plus qu'une fonction résidentielle, une seule surface libérale et un bâtiment communautaire qui malheureusement sera à la charge de la Ville de Huy, sans aucune garantie quant à sa construction à l’heure actuelle. Ce n’est clairement pas suffisant en termes de mixité de fonctions, surtout en l’absence de garantie de bonne réalisation de la maison communautaire. On aurait également pu imaginer un commerce de proximité ou des bureaux intégrés dans le projet. Il n'en sera rien...